Petite sélection ciné pour finir l’hiver

The Revenant, d’Alejandro González Iñárritu : des chouettes scènes qui prennent aux tripes avec une happy-end téléphonée presque dommage…

 

Des trappeurs, au début du XIXe, dans une région infestée d’Indiens turbulents. Des forêts enneigées. Une chaîne de montagnes. De vastes étendues désertes parcourues essentiellement par des hordes de loups, des troupeaux de bisons, des tempêtes de neige et des autochtones faisant corps avec cet environnement aussi rude que majestueux.

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Leo, en peau de bête sauvage, a appris à ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué…

Et dans ce décor naturel et sauvage, Hugh Glass (Leonardo DiCaprio), victime des évènements et de la veulerie des hommes, tente de survivre, héroïquement, éperdument, surmontant toutes sortes d’épreuves incroyables enfilées les unes à la suite des autres dans une surenchère presque risible. Pourtant, on nous a avertis que cette histoire était inspirée de faits réels. Et c’est bien aimable à Iñárritu de vouloir, en 2h36, nous donner un aperçu du réel dans ce qu’il a de plus effroyable, de plus âpre (la Conquête de l’Ouest, l’extermination des peuples premiers, l’extinction industrielle des bêtes à fourrures, la puissance de la nature, la violence et l’ingéniosité sans égale des hommes qui savent selon les cas se montrer impitoyables ou plus vulnérables que des saumons piégés dans une nasse).

The Revenant, d’Alejandro González Iñárritu – Avec Leonardo DiCaprio (Oscar du meilleur acteur) – Sortie le 24 février 2016 – Durée : 2h36 – Déconseillé aux moins de 12 ans.

 

Les premiers les derniers, un drame de Bouli Lanners aux ambiances parfaites, pour peu qu’on appréciât le blues…

Après les grandes étendues américaines, continuons vers les immenses plaines, celles du Nord de la France d’aujourd’hui. Deux hommes patibulaires– mais attention ! l’aspect patibulaire n’est pas la garantie d’avoir affaire à des ordures – , Gilou et Cochise donc (Bouli Lanners et Albert Dupontel) parcourent la région à la recherche d’un téléphone compromettant perdu par un malfrat qui a mandaté cette paire de chasseurs circulant dans la pampa à bord d’un rutilant 4×4 noir. Leur route va croiser des corps morts, des hôteliers horticulteurs, des croque-morts à la retraite, une jeune femme craintive, Esther/Aurore Broutin (« Je suis handicapée, ce n’est pas ma faute », geint-elle d’une toute petite voix) et un jeune homme, Willy, qui en est follement amoureux (David Murgia), un cerf, une mère célibataire hospitalière (Suzanne Clément), une milice locale incluant un conducteur de pick-up blanc qui n’aime pas les 4×4 noir rutilant, un routard bienfaiteur et pas rancunier pour deux sous nommé Jésus (Philippe Rebbot)…

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Gilou et Cochise, club des blousons…

Petit monde de paumés que leur grand cœur sauve ou que leur cupidité perd. Les uns malgré la misère et l’errance connaissent la joie, les autres en dépit de leur position sociale dominante risquant de déchanter. Les premiers les derniers relaie un panel de messages bibliques aussi manichéens que fondamentaux : chacun sa croix (maladie, qu’elle soit physique, mentale ou sociale, solitude, vieillesse, mauvaises fréquentations, mauvaises éducations, mauvaises options aux mauvais moments, etc.). Heureux les simples d’esprit pleins de pures espérances, pour qui les portes du Ciel s’ouvriront dès ici-bas si tant est qu’on y croie… Les premiers seront les derniers – et vice-versa… le son bluesy de Pascal Humbert illuminant l’ensemble.

Les premiers les derniers, western moderne de Bouli Lanners – Durée : 1h38 – Sortie le 27 janvier 2016 – Musique de Pascal Humbert – Avec Aurore Broutin, Albert Dupontel, Bouli Lanners, Michael Lonsdale, Serge Riaboukine, Philippe Rebbot, David Murgia, Suzanne Clément


 

Les innocentes : un drame historique d’Anne Fontaine sur l’absence de galanterie des troupes allemandes et soviétiques en temps de guerre.

Après les vallées de larmes aux ciels plombés du Nord (qui s’entrouvrent néanmoins pour faire passer les anges), poursuivons vers l’Est de l’Europe. Et revenons soixante-dix ans en arrière. C’est la fin de la 2de Guerre. Le IIIe Reich d’abord conquérant et victorieux, s’est effondré comme un château de cartes passé au napalm. Il devait durer mille ans, il a fini au bout d’une douzaine d’années compressé dans l’étau des Alliés. Dans un monastère polonais isolé, des nonnes pansent leurs plaies vives. Leur foi a été sévèrement ébranlée. La guerre a laissé ses noirs stigmates : ces sœurs recluses vivant en communauté fermée ont en effet été successivement violées par les troupes allemandes puis par les soldats soviétiques. Coincées dans leurs principes moraux qui exigent d’elles la virginité, le pardon, etc., qui les restreignent dans leur rapport au corps (que ce soit leur propre corps, les corps étrangers ou bien le corps médical), ces sœurs, enceintes pour nombre d’entre elles, vont – Dieu merci – bénéficier de l’aide d’une courageuse infirmière française (Lou de Laâge), et d’un chirurgien juif (Vincent Macaigne) qui, bien que sa famille ait été décimée par les nazis, conserve humour et foi en son prochain et en sa mission : tandis que le professionnalisme et l’audace de ce médecin et de cette jeune française sauvent des vies innocentes, les bons airs bougons de Vincent Macaigne sauvent Les Innocentes des excès de lourdeur qu’un tel thème portait.

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La foi, la neige, la solitude, le froid…

Portrait collectif de femmes ayant subi les pires outrages, Les Innocentes interroge nos rapports au Bien, lequel, même dans les situations les plus déliquescentes, semble en mesure de contester la suprématie du Mal.

Les innocentes, drame historique franco-polonais d’Anne Fontaine – Avec Vincent MacaigneLou de Laâge – Sortie le 10 février 2016 – Durée : 1h55.

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