Pour découvrir Rennes autrement, un recueil de nouvelles publié chez Asphalte éditions : vous ne verrez plus votre quartier du même œil !

Dans « Le bal de la mort », de Cécile Cayrel, la soirée Halloween prévue aux Ateliers du Vent (quartier de Cleunay), de Jérémy et Nikita, déguisés respectivement en shérif zombie et en lapin, dérape méchamment.
Martin Mongin dans « Le bonnet d’Anne » raconte cet épisode fameux d’une nuit de janvier 2027 lors de laquelle a apparu, sur l’esplanade du Général de Gaulle, une gigantesque pyramide haute comme celle de Kéops.
Dans « À la Blosne franquette », Louise Katz qui fut jadis à l’origine du projet de restaurant coopératif et de revue participative La Grenouille à grande bouche dresse le portrait de Marie-Ange qui, en créant un même type d’établissement dans un centre commercial voué à la destruction, se retrouve à devoir mener une double vie un chouïa risquée.
Nathalie Burel, dans une très sombre nouvelle « Un léger différé », raconte la tragédie d’une vie soudain assombrie dont le déclencheur fut d’assister à un crime – un féminicide – sans intervenir, jadis, à l’époque où Étienne Daho montait pour ses premières fois sur scène salle de la Cité. Puis de garder le silence – et la boule dans la gorge indécoinçable qui va avec.
Antoine Philias, avec sa nouvelle qui sent la galette-saucisse, « Georges Cleunay », nous invite à remonter le cours des souvenirs footballistiques d’un supporter du Stade rennais et les méandres de ses histoires d’amour et de cul.
Dans « Jour de colère », Frédéric Paulin nous fait revivre la journée du 4 février 1994 lors de laquelle Albéric Taupin et Aline Gicquel, étudiants et fumeurs de shit inconséquents, eurent des comptes à rendre à leur grossiste – et lors de laquelle, accessoirement s’embrasa le Parlement.
« Meurs pas, Maurepas » de Xavier Dollo – éditeur chez Argyll et libraire à L’Astrolabe, sise dans ce même quartier populaire de Maurepas à la réputation dégradée – nous fait rencontrer Alain, un bonhomme qui connaît le coin, y est attaché et va s’employer à en nettoyer les recoins.
À toutes fins utiles, dans « Charité fraternelle », Macodou Attolobé rappelle combien, a fortiori en temps difficiles, solidarité et amour de son prochain sont requis. Et cruciaux.
« L’odeur de la fraîche » de Benjamin Dierstein nous met dans la peau d’un ex-flic alcoolique, à la santé ruinée, qui s’engage dans une enquête aussi hasardeuse qu’improbable dans les alentours de la place Sainte-Anne.
Tandis qu’Isabelle Amonou nous balade du côté de Viasilva et dans la géographie mentale tourmentée de Louise, sous Xanax et Stilnox, dans « Une époque formidable ».
Autant de nouvelles commises par quelques bonnes plumes locales, pour plusieurs d’entre elles membres du collectif Calibre 35, ici réunies dans Rennes noir, parues au printemps aux éditions Asphalte.
« Baisant sur le parking, chantant sur les gradins galette-saucisse je t’aime, j’en mangerais des kilos, dans toute l’Ille-et-Vilaine, avec du lait ribot, un tube. Un match, c’est comme une manif faut du slogan, des chansons fédératrices et ça à Rennes on sait faire. J’ai jamais appartenu à un parti ni à un kop, toujours aimé les banderoles et les jeux de mots. Alors bien sûr quand ça part en castagne avec les CRS ou dans les règlements de compte entre hooligans, j’en mène pas large. Mais j’aime cette vitalité. » (Antoine Philias, « Georges Cleunay », p. 64)
Rennes noir, recueil de nouvelles de Frédéric Paulin, Nathalie Burel, Antoine Philias, Cécile Cayrel, Macodou Attolodé, Xavier Dollo, Louise Katz, Benjamin Dierstein, Isabelle Amonou et Martin Mongin, éditions Asphalte, Paris, mai 2026, 224 pages, 21 €.











