Dalida, de Lisa Azuelos

Dalida : une reconstitution biographique complète et entraînante sur les traces d’une chanteuse à la voix magique.

dalida_INNée en Égypte d’un père violoniste qui mourut des suites d’un enfermement inique* lors de la Seconde Guerre mondiale, Iolanda Gigliotti (Sveva Alviti) va, une fois la Méditerranée franchie et le bon pseudonyme trouvé, mener une carrière de chanteuse, internationalement célébrée, avec des disques d’or, de diamant, des tournées et des Olympia à la pelle. Ses « espagnolades » qui prennent aux tripes, ses tubes disco, ses chorégraphies et le charme de ses interprétations polyglottes vont ainsi faire de cette artiste une idole people flamboyante… mais aussi une machine à cash, aux innombrables succès commerciaux.

Pour ce qui est de sa vie sentimentale et familiale, loin de se ranger, Dalida vit la bohème** et accompagne, voire anticipe et revendique la libération des mœurs, la liberté des choix et la libération du sexe faible. Femme au caractère farouche et bien trempé, émancipée, Dalida, que ses amis surnomment « Dali », va en payer le prix fort. Ses histoires d’amour, multiples, vont finir mal. Très mal. Connaît-on beaucoup de femmes dont autant d’amants, amis ou maris se seront suicidés ? Orpheline, dépressive, plusieurs fois veuve, anorexique, stérile après un avortement pratiqué dans la clandestinité, Dalida elle-même n’échappera pas à un lugubre destin. Si elle n’est pas éteinte aujourd’hui, sa gloire qui connut une amplitude mondiale, aura aussi été marquée du sceau d’insupportables souffrances.

Dalida_Duvauchelle

Les lunettes dorées, la gourmette, la chemise ouverte, le Paris-Match vintage, les brushings… tout y est dans ce Dalida romantique à souhait.

Dalida aura ainsi vécu de belles histoires d’amour avec le chanteur italien ombrageux Luigi Tenco (Alessandro Borghi) à la voix hargneuse et néanmoins caressante, avec Lucien Morisse le patron d’Europe n°1 (Jean-Paul Rouve, sobre et efficace), avec le peintre Jean Sobieski (Niels Schneider), avec l’alchimiste noceur, bellâtre un peu fumeux et oiseux Richard Chanfray alias le « Comte de Saint-Germain » (exceptionnel Nicolas Duvauchelle qui rentre dans la peau de ce fantasque personnage un peu dissolu sur les bords avec l’aisance propre aux connaisseurs de la question)… qui auront quand même fait de sa vie, au-delà de sa carrière monumentale, un sacré feu d’artifices ravageurs, de glamour, d’épreuves et de paillettes à gogo. Passions, aussi puissantes que dévorantes, que ce biopic restitue donc avec émotion, pour la plus grande satisfaction des nostalgiques des années 50′s, 60′s, 70′s et 80′s. Nostalgiques qu’on sait nombreux·ses parmi les rangs (de plus en plus drus) des lecteurs·trices de l’Imprimerie Nocturne, si bien qu’on ne résiste pas, avant d’aller danser et tournoyer dans quelque lieu de joie, au plaisir de partager avec vous quelques images d’archives, ci-après :


« Ciao Amore Ciao », avec Luigi Tenco.


« Bésame mucho » (soit, pour celles·ceux qui ne maîtriseraient pas la langue d’Enrique Iglesias de Luis Buñuel, « Embrasse-moi fort »), reprise d’un boléro composé en 1941 par la chanteuse mexicaine Consuelo Velázquez (1976).

« Bang Bang », reprise du hit de l’Américaine Nancy Sinatra (1966).

* Parce qu’il avait le malheur d’être rital dans une colonie britannique, à une époque où on avait un mal de chien à faire dans le détail, il fut emprisonné sans autre forme de procès…

** À propos de « bohème », en 1956, Dalida aura fait la première partie de Charles Aznavour à l’Olympia…

 

Dalida – Biopic de Lisa Azuelos – Avec Sveva Alviti, Riccardo Scamarcio (épatant), Jean-Paul Rouve, Patrick Timsit, Nicolas Duvauchelle, Niels Schneider… – Durée : 2h04 – Sortie le 11 janvier 2017.

Illustrations QZN
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