Arrêt sur image à La Chambrée

Après leur première exposition Mauve, le trio qui anime La Chambrée fait cet été une nouvelle proposition autour des travaux de Laurence Philomène et Marie Rouge. Arrêt sur image, ou une série qui met en avant la couleur et les paillettes, pour une (re)lecture de l’univers transgenre.

 

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Ce qui frappe d’emblée en pénétrant dans le petit espace de La Chambrée ce sont les couleurs. Du orange, du rose, du bleu, du vert qui constellent les murs. Mais bien loin d’être dans une agressivité criarde, à bien y regarder, c’est plutôt la douceur qui finit par émerger de toutes ces teintes. Celle des regards, d’abord, des portraits qui fixent l’objectif de Marie Rouge. Photographe documentaire, elle écume les soirées, et fait poser, à la recherche de visages marquants qui brouillent les frontières du genre. Inspirée par les photographes Diane Arbus ou Viviane Sassens, l’écriture de Wendy Delorme ou le cinéma de John Waters, Marie Rouge cherche une vision positive des gens dans son travail ; un ‘care‘ dans un monde dur ; un souci de révéler des visages moins souvent représentés, de les révéler avec délicatesse et une certaine forme d’onirisme.

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À gauche : Marie Rouge par Dorian Prost // À droite : portrait fleuri présenté à la Chambrée

Passé la découverte des grands formats, c’est ensuite la mosaïque des travaux de Laurence Philomène qui est à découvrir. Cette fois, les portraits sont ceux de l’artiste canadienne elle-même et nous invite dans son quotidien à travers ce projet documentaire intitulé Puberty. Suivant une thérapie hormonale substitutive, c’est toute la lenteur du processus qui se déroule qui est donnée à voir, mais aussi le décor dans lequel il prend place.

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Architecture urbaine, graphisme quasi géométrique d’un rayon de boissons à emporter, objets du quotidien ou autoportraits parfois nus, Laurence Philomène déploie une palette d’images qui révèlent quantité de détails tout en questionnant la binarité de genre. Une capture picturale qui suspend le temps et arrive à casser la narration traditionnelle. Reconstruire son propre récit, proposer une alternative au film usuel sur les questions de genre ; et c’est bien tout cet enjeu qui se raconte à travers cette exposition intitulée à juste titre Arrêt sur image.


Exposition visible jusqu’au 16 août au 3 rue Victor Hugo

les vendredis et samedis de 15 à 18 h.


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