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8 mars 2026 : des revendications proclamées, le poing levé

Pour la seconde fois pour la journée des droits des femmes, une zone d’occupation féministe se tenait sur le Mail François Mitterrand, où stands et ateliers de pancartes, chants et prise de parole amorçaient cette journée de grève générale : 10 000 personnes ont ainsi déferlé dans la ville pour réaffirmer les droits des femmes et des minorités de genre.

Le 8 mars est l’occasion de rappeler la nécessité des mobilisations féministes au vu de la prégnance du sexisme et du rejet de son caractère systémique dans la société française. Cela s’illustre avant tout dans les réalités sociales et économiques de nombreuses femmes et minorités de genre, qui malgré un encadrement du code du travail se retrouve discriminé en raison de leur genre. Selon le Haut conseil à l’égalité, en 2025, le revenu salarial moyen des femmes dans le privé était encore inférieur à 23,5% concernant le travail salarié, notamment en raison d’inégalité d’accessibilité aux emplois rémunérateurs. Les femmes occupant encore 80% des emplois à temps partiel. Du coté du travail domestique, il demeure encore l’apanage des femmes, selon le baromètre sexisme : 62 % des Français estiment que les femmes ne sont pas traitées de la même manière dans la vie du foyer. Sans compter sur le nombre important de mères seules qui se retrouvent en difficulté entre leur travail sous payé et l’éducation de leur(s) enfant(s), nous rappelle au micro une militante féministe présente lors de la marche.

Le rapport au consentement et les violences sexistes et sexuelles étaient également des sujets au cœur de la manifestation. De nombreuses pancartes faisaient office de témoignage lorsque des collages sur les murs de la ville rappelaient le nombre de féminicides en ce début d’année 2026.

Pour la première année un cortège d’enfant accompagné par leurs parents et animé par le collectif enfantiste été présent lors de la déambulation. Un collectif football féminin junior, Les Rennes, était également présent muni de leurs pancartes gant de boxe ou de ballon de foot pour braver le pavé comme elles bravent les stades. Ces initiatives mettent en avant la nécessité de mettre en place des mesures pour la parité des genres dès l’enfance. Il s’agit aussi, de pointer du doigt les violences faites aux enfants qui restent encore un angle mort important des violences sexistes et sexuelles. Pour rappel 3 enfants par classe sont victimes d’inceste.

Entre ambiance festive et familiale, cortèges syndicales des travailleur·euse et des étudiant·e·s ou encore collectifs féministes radicales, les revendications étaient elles aussi très hétérogènes. Cette journée de grève s’imprègne du contexte politique national et international. Que cela soit pour affirmer un féminisme antiraciste en opposition au féminisme du collectif d’extrême droite Némésis, ou encore contre la montée de l’extrême droite elle-même. Une volonté d’affirmer son soutien aux antifascistes et de s’en revendiquer, en résonance aux derniers événements autour de l’affaire Quentin Deranque, militant d’extrême droite, tué lors d’un affrontement. Plusieurs prises de paroles au cours de la manifestation allant également dans ce sens pour rappeler que le féminisme ne doit pas servir une idéologie raciste. Sans oublier, les protestations des minorités de genre qui n’attendent pas le mois des fiertés pour revendiquer leur existence, tout en témoignant des violences qu’iels subissent au quotidien. Le 8 mars, comme le dit le fameux slogan « So-so-so-solidarité avec les femmes du monde entier » est aussi l’occasion d’exprimer son soutien aux peuples sous les bombes.

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