Alors que le festival Rue des livres s’approche, une fine sélection de 4 ouvrages rennais dans ce Club de lecture édition spéciale !
Bleu de chauffe – Lionel Chouin

La maison d’édition n’est pas rennaise, mais l’auteur oui ! Membre de l’atelier Pépé Martini, Lionel Chouin signe 4 ans après Malcom McLaren l’art du désastre un nouvel ouvrage au trait toujours aussi punk et au sujet brûlant : la lutte syndicale et celle de l’antifascisme. Bleu de chauffe prend donc place dans le passé, mais traite de sujets d’actualité, et c’est là toute la force de cet ouvrage préfacé par le sociologue Vincent Gay, spécialiste des conflits sociaux des années 1980, « une charnière qui ouvre un futur, qui est en partie notre présent ». Et notre présent fait grise mine face à la montée des idées d’extrême droite, que combat dans la rue Karima, l’une des personnages du livre. Fille d’Ahmed Halfaoui, syndicaliste CGT d’origine marocaine, les esprits s’échauffent, la violence pleut, et notamment celles des skinheads auxquels ils font face. Avec bien sûr des références musicales chères à l’auteur, Bleu de chauffe évite les écueils d’individu·es monolithiques et d’un discours manichéen, avec un judicieux traitement de couleurs en bleu blanc rouge. À lire en écoutant du punk rageur.
120 pages – Glénat/1000 feuilles – 4 février 2026
Ne me croyez pas si je vous parle de la guerre – Asmaa Azaizeh

« Au cours d’une promenade parmi les gravats, on m’a dit
que la guerre n’avait tué personne
que les mots avaient choisi de mourir
en s’offrant à la peur »Page 7
Un recueil, initialement paru en 2019, de la poétesse palestinienne Asmaa Azaizeh. Une traduction, la première en France, qui paraît aujourd’hui aux éditions du commun. Un pont de 7 ans qui peut s’effacer, tant le mot est palpable, tant le mot semble s’effriter sur les conflits. La lecture de Ne me croyez pas si je vous parle de la guerre a un impact, un impact sensible, indispensable, qui interroge du même coup la capacité à écrire sur la violence et la douleur. Un élan vital, une poésie brute sans être brutale, qui invite à une chose : ne pas garder le silence face aux « massacres aveugles ».
Traduction de Chakib Ararou – 88 pages- éditions du commun – 6 février 2026
Vous reprendrez bien un peu de fascisme ? Collectif Calibre 35

« Une marche pacifique qui avait coûté la vie à plus d’un millier de personnes quand l’armée avait chargé, images d’une violence inouïe censurées dans les médias officiel mais relayées par des internautes présents sur les lieux (…) Page 179 – Intervention sud-américaine, Isabelle Amonou
Le JT vous fait frémir ? Votre vision du monde s’assombrit ? Vous reprendrez bien une louche de fascisme ! C’est possible avec ce recueil de nouvelles intitulé Vous reprendrez bien un peu de fascisme ou plusieurs auteur·ices du cru livrent quelques retours dans le temps ou imaginent (palpent ?) un futur peu désirable. Parmi les auteur·ices, on retrouvera Frédéric Paulin qui nous met dans la peau du GUD, mais aussi Nathalie Burel qui nous entraîne en Hongrie sur la question de l’IVG, Marion Chemin qui trace un itinéraire de violence, Christophe Siémont qui nous embarque dans une scène de torture ou encore Claude Bathany pour un drôle de tango. Autant de variations, qui prennent à la gorge (et ça pique) : ne pas lire avant de (ne pas) dormir, tout ressemblance avec le réel ne serait que pure coïncidence. Mention spéciale à la couverture signée par Tanxxx.
280 pages – Éditions Goater – 6 mars 2026
Le Grand roi soleil – Mathilde Mélèse et Clémence Trossevin

Illustrations rétro et plongée dans l’enfance : Le Grand Roi Soleil figure parmi les dernières parutions de la maison rennais Panthera, majoritairement consacrée à la jeunesse. Ici, l’histoire d’une enfant qui appelle son ami imaginaire Le Grand roi soleil, à qui il confie ses peurs, ses doutes, ses espoirs. Chemin d’apprentissage avec l’histoire signée Mathilde Mélèse accompagnée par les images de Clémence Trossevin, un album à savourer entre deux averses et en regardant le soleil réapparaître.
32 pages – Éditions Panthera – 6 février 2026
Replay
On peut réécouter l’entretien avec Agathe Halais pour Le miroir aux amulettes.
On peut relire la chronique de la bande dessinée Le dernier peintre, prix Artemisia 2026.










