La 20e édition de la Route du Rock – Collection Hiver s’est ouverte avec une première soirée à l’Antipode jeudi 5 mars, fidèle à l’esprit du festival : défricher les nouvelles scènes indépendantes et offrir un panorama exigeant de la musique alternative contemporaine.




Pour ce coup d’envoi, la programmation réunissait trois propositions :
- l’indie-folk intimiste d’Anastasia Coope,
- les nappes shoegaze/noise de Green Star,
- et l’explosion post-punk de Heavy Lungs.
Une montée en puissance sonore qui a progressivement transformé la salle rennaise en véritable chaudron rock.
Anastasia Coope



Autrice-compositrice installée à Brooklyn, Anastasia Coope est l’une des voix émergentes de la scène indie folk. Elle développe un univers délicat mêlant folk américaine, songwriting intimiste et atmosphères éthérées.
Depuis 2024-2025, la musicienne américaine s’est fait remarquer grâce à plusieurs singles et premières tournées en Europe, confirmant une réputation d’artiste à la sensibilité rare. Sa présence à la Route du Rock marque l’un de ses premiers passages notables dans un festival français.
Pour ouvrir la soirée, la scène de l’Antipode plonge immédiatement dans une atmosphère contemplative.
Le public, encore en train d’arriver, se laisse progressivement happer par la voix douce et presque murmurée de la chanteuse.



Dans un festival souvent dominé par les guitares saturées, ce moment agit comme une respiration. L’écoute est attentive, presque religieuse. Une entrée en matière toute en finesse.
green star




Les londoniens de green star incarnent la nouvelle vague shoegaze/noise britannique. Le trio développe un son dense et immersif où guitares saturées et textures atmosphériques se superposent pour créer des paysages sonores brumeux et hypnotiques.
Leur musique navigue entre héritage shoegaze (My Bloody Valentine, Slowdive) et influences plus contemporaines issues de la scène noise et dream-pop.
Le groupe a attiré l’attention de la presse indie avec un premier EP remarqué en 2025, révélant un univers à la fois abrasif et onirique.
À l’Antipode, les premières guitares installent une brume sonore épaisse : delays, feedbacks et distorsions enveloppent littéralement l’espace. Sur scène, les musiciens restent concentrés, presque immobiles, laissant la musique parler d’elle-même.




Les morceaux s’étirent, montent en intensité puis retombent dans des nappes planantes. On oscille entre contemplation et déflagrations.
Heavy Lungs



Changement radical d’ambiance avec Heavy Lungs, formation britannique issue de la bouillonnante scène post-punk de Bristol.
Le groupe s’est rapidement fait un nom grâce à ses performances scéniques explosives et à son énergie brute, souvent comparée à celle d’IDLES.
Musicalement, Heavy Lungs mélange
- post-punk nerveux,
- riffs garage abrasifs,
- et chant rageur porté par la présence intense de son chanteur Danny Nedelko.
Dès les premières secondes, la tension monte d’un cran. Le frontman arpente la scène avec une intensité presque animale, vociférant ses textes avec un mélange de colère et d’ironie.




Dans la salle, le public se compacte. Les guitares sont tranchantes, la batterie martiale : tout est pensé pour créer une décharge d’énergie brute.
C’est sale, bruyant, et terriblement efficace.
La soirée atteint son point culminant dans cette déflagration post-punk, transformant l’Antipode en véritable fournaise.


Une ouverture fidèle à l’ADN de la Route du Rock
Avec cette première soirée à l’Antipode, la Route du Rock – Collection Hiver 2026 rappelle ce qui fait sa singularité : une programmation curieuse, audacieuse et profondément tournée vers la découverte.










