Jukebox #10 de fin d’année

Pour finir l’année en musique, nous proposons un 10ᵉ épisode de Jukebox pour continuer de défendre l’une des ferrailles de lance-notes de notre site : la création artistique, et plus particulièrement musicale. Parce que le son, c’est mieux que la dinde aux marrons*.

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Nicolas Jules – Douze oiseaux dans la forêt de pylônes électriques


 

Parce que Nicolas Jules rêve de réaliser un enlèvement avec consentement et fait des colliers avec ses poèmes (« Les nouilles »). Parce qu’il y a une petite ambiance far-west pour une promenade « Au bord de l’écluse », là où « les poissons nagent avec les mégots ». Parce que l’humour incongru de Nicolas Jules surgit au milieu de sa poésie comme quelques notes de piano qui éclairent « Ton retour ». Parce que c’est léger comme « Les mouettes ». Et puis c’est délicat comme l’amour qui peut s’étudier tel un « Cas d’étude »,  c’est beau comme douze oiseaux dans une forêt de pylônes électriques, et c’est joliment filmé en Scopitone par David Vallet pour quelques éclaboussures.

12 titres – Label ursule – 6 décembre 2020

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Drache – Drache


 

Parce que Drache a un flow découpé en mini séquences, un peu à la manière de La main gauche. Parce que ses 5 titres sont teintés d’un cynisme mordant et qui pourrait ptet bien faire passer un tube de Xanax pour un tube de confettis. Parce qu’il y a un « big up à tous les tyrans de l’histoire » en précisant que « la peur est le fumier d’l'empire ». Parce que tout le monde est « Fragile ». Parce que la vie et parfois les pochettes de disques, c’est un peu comme pisser dans un violon. Vous reprendrez bien un peu de « Dystopie mon amour » ?

5 titres – Mauvais sang – 7 novembre 2020


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Chapi chapo & les jouets électroniques – Collector


Rendant toujours hommage à cette série d’animation des années 1970, l’artiste brestois Chapi Chapo continue ses compositions à partir de jouets musicaux (qu’il intègre désormais à son nom en remplacement des « petites musiques de pluie »). Mais l’album intitulé Collector n’est bien évidemment pas qu’à destination de nos chères petites têtes blondes, brunes ou rousses. Les mélodies enfantines deviennent titres technoïdes, parfois tendance générique de jeux vidéo (« Let’s) ; ça sautille, ça gratouille, ça pianote, invitant parfois les voix de Laetitia Sheriff, Émilie Quinquis (Tiny feet) ou G.W.SOK qui vient répéter avec joie « No no no no ». Chapi Chapo ou l’art de jouer avec… 73 jouets vintage.

10 titres – Music From The Masses – 4 décembre 2020

 

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Ingrina - Siste Lys


 

Parce qu’on a parfois envie de planer sur des vrombissements de qualité. Le groupe Ingrina revient deux ans après son 1ᵉʳ album avec un post-rock post-metal qui associe granits massifs sonores et les plages aériennes qui peuvent les survoler. Une sorte de chaos à l’image de leurs inspirations sur la géologie ; après la tectonique des plaques, voilà la collision de nombreux courants, dont les introductions sont parfois majestueuses comme sur « Stolidity ». Un continent musical bien inspiré que ces 6 titres de Siste lys.

6 titres – À tant rêver du roi – 27 novembre 2020

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Imbert Imbert – Mémoires d’un enfant de 300 000 ans


 

Parce qu’Imbert Imbert chante toutes les larmes de « Tous les crocodiles ». Parce que vivre 300 000 ans n’est sûrement donné qu’aux poètes. Parce que la contrebasse. Parce qu’on ne fait pas de musique sans « Casser des œufs » pour dérouler une promesse sincère (« L’amour tentacules »). Parce qu’Imbert Imbert et puis c’est tout.

11 titres – 2 octobre 2020


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Black Lilith Records


 

Tout nouveau label dans le paysage rennais et né autour du comptoir de La Part des Anges, Black Lilith Records s’annonce d’emblée comme féministe (ce qui fera grincer les dents de certain·e·s et c’est tant mieux). Chouette nouvelle donc pour une première parution en vinyle d’une compilation qui brasse ambiances trap, chanson ambiance club sur « Bras velours » (Nobräklub & Nemour), carrément rap avec « Le Cri » (Léa & Sonikem) ou encore la pop-wave de Barbara Rivage ; des textes donc, mais aussi deux titres totalement électro instrumentaux : « Argent roi » de Querelle pour une ambiance quasi rave-party, et la clôture inspirée d’Hélène Bertrand & The Bridge sur « Walk straight » et qui termine avec un mot qui claque en anglais (que nous vous laissons découvrir à l’issue des ces 10 titres).

10 titres – Black Lilith Records – 18 décembre 2020

 

 

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Zoën – Wonderful times


 Zoën est beatmaker du côté de Tours ; totalement baigné dans le hip-hop des années 90 et son goût, avec un goût pour les samples bien choisis, il superpose ainsi mélodies et beats électroniques. Ici on savoure un grain sonore presque nostalgique (« Jumeaux »), là on s’évade dans une toile sonore qui se rapprocherait d’un BO de film (« Nope »), quand ce ne sont pas les cuts de Dj Fysh aux platines qui viennent embellir le très beau « Luve ». Un Wonderful times qui fait du bien et glisse tout seul, comme un diamant sur un bon vinyle.

 

6 titres – Anette Records – 26 novembre 2020

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Demain sans faute


 

Parce que Distag records continue d’éditer des productions musicales hors des sentiers battus. Demain sans faute (groupe situé en Lozère dont on ne sait pas grand-chose de plus) regroupe ici 3 de ses eps en un seul disque, enfin plutôt en une seule cassette puisque c’est le support idéal pour contrer « Netflix prend le contrôle ». Ici pas de voix. Un son de basse, une guitare saturée, un tambourin, des bruits qui crissent : Demain sera donc constitué d’un post-rock aux rythmes pesants et aux ambiances inquiétantes sur « 35 hectares de confinement ».

11 titres – Distag records – 29 novembre 2020


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R. Wan – La Gouache


Parce qu’on aime toujours la voix de ce « padrino du rap musette » qui fait le « contrepitre » avec les mots. Parce qu’il y a Salif Keita en featuring sur un titre qui interroge notre humanité (ou notre degré de déshumanisation). Parce qu’avec sa palette de gouaches, R. Wan fait des tableaux musicaux où il est question du plus vieux métier du monde, de toiles qui brossent un monde dont on voudrait parfois bien s’échapper. Parce qu’en clôture de disque, on y retrouve un titre à l’humour potache  allégeant un sujet qui pèse son poids en matraques.

13 titres – Poupaprod – 30 octobre 2020

 

Et comme il y a d’autres choses sorties en clips rennais, ou des prévisions alléchantes pour 2021, nous avons fait une petite playlist qui comprend Coupe colonel, Ulysse Mars, Frànçois & The Atlas Mountains, Françoiz Breut et Mansfield Tya.

* La rédaction s’excuse pour cette rime ratée, mais soyez indulgent·e·s on est fin 2020….

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