Le silence et la peur de David Geselson

Le silence et la peur est une création et une mise en scène de David Geselson (artiste associé au théâtre de Lorient pour l’année 2020) présentée au TNB du 22 au 29 janvier. Et elle s’inspire du destin de la vie de Nina Simone (1933-2003).

Faire le choix de raconter la vie de cette artiste, c’est aussi raconter la dispute des territoires et l’Histoire afro-américaine depuis les traites négrières, donc à partir de 1619 en Amérique du Nord, jusqu’au génocide des Amérindiens. L’arrière-arrière-grand-mère de Nina Simone était cherokee. On est alors transporté par l’histoire, qui défile sous nos yeux en noir et blanc. On accède visuellement aux droits civiques, revendiqués sous forme de manifestations par les Afro-américains des années 60. C’est la comédienne Dee Beasnael, très solaire, qui interprète Nina Simone avec un jeu dynamique (et principalement en anglais).

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Le silence et la peur se passe dans des intérieurs de maisons. Avec un grand tapis de terre permanent qui recouvre le devant de la scène. Nina Simone a une double identité : le nom inscrit sur son acte de naissance (Eunice Kathleen Waymon) et son célébrissime nom de scène. En réalité elle souffre d’un trouble identitaire, celui de la dépersonnalisation. Durant toute la pièce, elle interroge ses origines et son identité présente. Issue d’une famille croyante protestante, Eunice se familiarise tout d’abord avec de la musique classique et passe sa jeunesse en Caroline du Nord, dans laquelle elle répète des gammes de Beethoven, Bach et Debussy. Elle passe un concours qu’elle échoue dans une école de musique prestigieuse. La mère d’Eunice n’existe pas et son père porte constamment un pansement. Plus tard, celui qui deviendra son mari (Andi) s’avère être un flic agressif, qui contrôle la carrière, les choix et la vie privée de sa femme. En tant que spectatrice, je peux me permettre de dire que cette pièce m’a bouleversée, tant par le passé colonial, raciste,  que par la vie en tant que femme de Nina Simone. La mise en scène de David Geselson dévoile l’envers du décors de notre passé historique occidental. Les chansons de l’artiste résonnent alors plus intensément comme par exemple les paroles de « Oh, sinnerman,  where you gonna run to » ?

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