Titiou Lecoq, féminisme et chaussette sale

La journaliste, blogueuse et romancière parisienne Titiou Lecoq a enquêté sur le mystère de la chaussette sale qui traîne par terre dans son appartement, partagé avec son conjoint et leurs deux petits enfants. Elle livre ses conclusions dans un essai qui décortique le problème de la répartition genrée des tâches ménagères et ce qu’elle révèle de notre société.

 

titiou-lecoq-selfie

 

« Pourquoi cette chaussette est-elle là; pourquoi cherche-t-on à me torturer; et, surtout, pourquoi est-ce que ça me rend dingue ? Commençons par une réponse simple : parce que je suis une femme et que je vis avec un homme et deux enfants, et que conséquemment, les corvées, c’est pour ma gueule. » L’enquête s’annonce déjà difficile pour notre protagoniste qui se rend compte qu’elle n’est pas « une loutre » mais une femme, et qu’aussi féministe soit-elle, dans un couple au maximum égalitaire, le partage des tâches ménagères est un nœud de soucis à régler, et que démêler le linge sale ne se fera pas seule.

 

De la représentation faussée du statut social des femmes à la préhistoire à l’invention des arts ménagers en passant par les intérieurs excessivement impeccables sur Instagram et les stratégies de survie dans l’espace public, Titiou Lecoq déroule le fil de la chaussette abandonnée qui fait se rouler en boule nombre de femmes (et que semblent ignorer bon nombre d’hommes dont son compagnon). Elle le fait avec humour, sincérité et précision, ce qui rend cet ouvrage dense au sujet pas forcément engageant de prime abord agréable à lire.

 

Une lecture qui fait s’interroger sur ses propres habitudes et éducation avec bienveillance, à mettre dans toutes les mains, en particulier celles des femmes qui vivent avec un homme, ou l’envisagent, ces messieurs en question, et toutes les autres personnes tant qu’à faire.

 

Titiou Lecoq, Libérées – Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale, éditions Fayard, 260 pages, 17 euros.
Vous pouvez lire son blog Girls And Geeks, ses articles sur Slate et s’abonner à la newsletter et la suivre sur Twitter. Vous pourrez également la rencontrer ce vendredi 12 janvier à la librairie La Nuit Des Temps à partir de 19h30.

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