L’Île des Valeureux : interviews de Pierre-Olivier Caussarieu et Michèle Souchet-Gavel

Dans ce recueil de nouvelles où cohabitent sept auteurs, les thématiques abordées sont plutôt sombres évoquant la finitude des êtres, la transformation mais aussi un engagement politique exprimant une vision singulière du monde contemporain. Rencontre avec deux des auteurs de L’Île des Valeureux.

 

île valeureux

Questions à Pierre-Olivier Caussarieu

 

  • Comment avez-vous connu les Éditions de la Rue Nantaise ?

J’avais simplement cherché une maison d’édition prête à me publier, ils étaient prêts à le faire, et ça s’est fait comme ça.

 

  • Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Sources d’inspiration et auteurs favoris… je lis assez peu, mais je pense qu’à l’époque il s’agissait de Borges, Saint-Exupéry…

Mon processus de travail en général, c’est de m’asseoir devant l’ordinateur et d’écrire, je ne sais en général pas ce que je vais raconter. J’étais parti à l’époque sur l’idée des libellules et j’en ai fait une série sans trop y réfléchir. J’écris vraiment peu mais lorsque je le fais, c’est long, je passe plusieurs minutes sur chaque phrase, pour trouver la bonne tournure, le bon mot…

« J’aime aujourd’hui encore beaucoup l’idée du changement intérieur »

  • Les thématiques de la disparition et de la transformation voire d’une certaine violence sont très présentes dans vos nouvelles pour L’Île des Valeureux, est-ce intentionnel ?

Pour le thème de la disparition, ce n’était pas vraiment intentionnel, mais je pense que ça collait bien à l’état d’esprit dans lequel j’étais à l’époque. La transformation c’était plus conscient, j’aime aujourd’hui encore beaucoup l’idée du changement intérieur, de « l’alchimisation »..

Les questionnements des personnages étaient en effet ceux qui à l’époque trottaient dans ma tête d’adolescent un peu troublé. Aujourd’hui encore, mais d’une manière moins torturée. J’ai eu du mal à relire les nouvelles sans rire, tellement elles font adolescentes et avec une certaine arrogance typiquement ado dans les questionnements et leurs réponses.

 

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Extrait de « Siddartha’s dragonfly », de Pierre-Olivier Caussarieu, page 31.

 

Questions à Michèle Souchet-Gavel

 

  • Comment avez vous connu les Éditions de la Rue Nantaise ?

J’ai rencontré Cyrille Cléran lors d’une soirée organisée à la librairie Gargan’Mots de Betton . On y présentait des éditeurs locaux. J’écris depuis toujours et de ce fait, j’ai pas mal de nouvelles dans mes tiroirs. Je lui ai donc proposé de lui en envoyer quelques-unes, ce qu’il a accepté. Il m’a ensuite invitée à participer à ce recueil collectif L’Île des Valeureux et il a choisi les nouvelles qui répondaient au thème qu’il voulait insuffler au recueil.

 

  • Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Difficile de répondre à cette question. Je suis une grande lectrice avec une prédilection depuis quelques années pour la littérature francophone étrangère (africaine et haïtienne en particulier) car j’aime découvrir chez ces auteurs un aperçu de ce qui fait le fondement de leur culture et de leur vie et l’expression d’un imaginaire différent du nôtre. Le fait qu’ils écrivent en français permet d’y adhérer sans avoir besoin du truchement de la traduction.

Je suis une grande amoureuse de la langue française et des mots. Je suis aussi une adepte des ateliers d’écriture qui me nourrissent beaucoup. Je participe depuis plusieurs années à l’atelier l’Escalier (sur la Péniche Spectacle) et j’anime aussi à titre bénévole des ateliers dans ma commune avec le grand plaisir de faire découvrir l’écriture à des personnes qui n’auraient pas pensé qu’elles sont « capables » d’écrire.

Ces ateliers me permettent souvent de mettre en lumière des personnages ou des situations qui naissent du tréfonds de mon imagination sans que je comprenne pourquoi. Le processus de création reste un mystère pour moi. Une fois que les personnages sont nés, je prends un grand plaisir à « ciseler » mon écriture et à retravailler ce qui a été un premier jet.

« J’aime être à la lisière de mondes cachés. »

  • Les thématiques de la disparition et de la transformation voire d’une certaine violence sont très présentes dans vos nouvelles pour L’Île des Valeureux, est-ce intentionnel ?

En effet, je m’aperçois que mes textes sont parfois très noirs. Je ne cherche pas à savoir pourquoi. Je pense que chacun a une petite « musique » intérieure et que le biais de l’écriture révèle une partie cachée. Je suis en tout cas très sensible au fait de chercher à peindre les complexités de l’âme humaine et suis très heureuse lorsqu’on me dit que mes nouvelles ont su émouvoir.

Cependant j’ajouterai, comme je le disais, que les nouvelles qu’a choisies Cyrille Cléran répondaient à la tonalité globale qu’il désirait pour l’harmonie du recueil et je peux aussi parfois m »amuser » plus légèrement dans d’autres écrits !

Je suis aussi attirée par une écriture que j’oserai qualifier de « poétique ». J’aime être à la lisière de mondes cachés. J’essaie en tout cas d’être exigeante avec moi-même dans l’écriture.

 

  • Avez-vous des projets d’écriture en ce moment ?

Comme je le disais, je continue ponctuellement à écrire. Un roman assez court a d’ailleurs été édité (également aux Éditions de la Rue Nantaise) Les Fantômes s’envolent, les écrits restent qui relate un secret et les perturbations que sa découverte génère dans une famille.

Le-chemin-creux_page-123_Souchet-GavelExtrait de « Le chemin creux », de Michèle Souchet-Gavel, page 123.
 

L’Île des Valeureux aux éditions de la Rue Nantaise, nouvelles de Barbara Busquet, P.-O. Caussarieu, M. Souchet-Gavel, Armandine Chasle, Cyrille Cléran, Arnaud Génois, Nicolas Maier, paru en décembre 2010, couverture de Srï, 15 euros.

One comment

  1. Bonjour Margarida et merci beaucoup pour ton commentaire et ton lien. Je vais faire un tour sur ton site, pour voir si nous traitons des memes problematiques. Si ce n’est pas le cas, je penserai neanmoins a mettre ton site dans la page liens amis que je vais bientot creer. Soit en tout cas la bienvenue ici ! A tres bientot, Pierre

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